Des milliers de fidèles musulmans ont pris part, dans la nuit du mardi 25 au mercredi 26 août 2026, à la célébration du Maouloud organisée par l’association Nour Dine Islam à la Place des Martyrs de Kankan. Venus de plusieurs régions de la Guinée et de pays de la sous-région, les fidèles ont occupé les lieux dès les premières heures de la journée, dans une ambiance marquée par les prières, les chants religieux et les prédications.
La cérémonie, consacrée à la commémoration de la naissance du Prophète Mohammed (PSL), s’est poursuivie jusqu’au petit matin.
Dès les premières heures de ce mardi, la Place des Martyrs s’est progressivement remplie. Des fidèles ont installé leurs nattes et réservé leurs espaces en prévision de la cérémonie nocturne.
À la mi-journée, les espaces encore disponibles se faisaient rares. Dans la foule, le blanc et le vert dominaient. Des chants et cantiques religieux en hommage au Prophète Mohammed accompagnaient les rassemblements.
À la tombée de la nuit, les fidèles se sont alignés derrière l’imam Sékou Cissé, qui a dirigé les prières de Maghrib et d’Isha.
Après les prières, plusieurs prédicateurs se sont succédés devant le public. Leurs interventions ont notamment porté sur l’éducation des enfants, la préservation de la confiance et l’importance de la prière sur le Prophète.
Cheick Souleymane Sidibé interpelle Doumbouya et Goïta
Peu après minuit, Cheick Souleymane Sidibé, très attendu par les fidèles, a fait son entrée sur le site. Dans une atmosphère marquée par les acclamations, le responsable de Nour Dine Islam a livré un message principalement axé sur la gouvernance, la loi et les pratiques occultes.
Dans son intervention, il affirme ne se faire particulièrement du souci que pour deux dirigeants : le général Mamadi Doumbouya, en Guinée, et le général Assimi Goïta, au Mali.
« Aujourd’hui, je n’ai le souci que pour deux personnes, à savoir le général Mamadi Doumbouya et le général Assimi Goïta. Car les peuples les plus difficiles à gérer sont ceux de la Guinée et du Mali, que Dieu leur a donné la destinée de diriger. Donc, je les exhorte à redoubler d’efforts et à continuer à mieux gouverner ces peuples. Aucun féticheur véreux ni marabout redouté ne pourra les atteindre. Aux autorités du pays, tout ce que je peux vous dire cette nuit, c’est d’éviter de commettre des péchés sur les faibles ».
Cette déclaration a été accueillie par des acclamations dans la foule.

Poursuivant son intervention, Cheick Souleymane Sidibé a appelé les dirigeants à appliquer rigoureusement la loi. Pour lui, la sanction des infractions ne constitue pas un péché.
« Appliquer rigoureusement les rigueurs de la loi, car ce qui est construit à la base du péché finit toujours par s’écrouler. L’application de la loi, la correction des infractions ne sont pas des péchés. Mais détourner les biens de l’État et ceux des pauvres, parce que tu es aux affaires, ça finira par t’anéantir. Donc, je le répète, éloignez-vous des péchés et laissez la suite à Dieu. Le temps est le meilleur juge », insiste Karamo Solo.
Le prédicateur s’est également exprimé sur la question du fétichisme, dont il conteste l’efficacité. Il a lancé un défi aux personnes qui pratiquent ces rites.
« Beaucoup souffrent en silence à cause de ces pratiques : chômage et problèmes divers d’ordre mystique. Utilisez tous vos fétiches contre moi et laissez les enfants d’autrui. S’il y a un homme qui pourra m’atteindre, je vais l’attendre dans l’au-delà. Mais s’ils ne réussissent pas, qu’ils arrêtent d’amadouer les gens et prennent le chemin droit d’Allah. Car les fétiches ne sont en réalité que des mensonges. Mais aujourd’hui, je vais briser ces chaînes. Si vous croyez en quelque chose chez vous, sachez que c’est Dieu, maître du ciel et de la terre, qui a le pouvoir ultime », lance-t-il.

Le maire salue la mobilisation
La célébration a enregistré la présence de plusieurs personnalités administratives et politiques.
Présent à la cérémonie, le maire de la commune de Kankan s’est réjoui de la mobilisation et de la présence de fidèles venus de plusieurs pays de la sous-région.
« Nous sommes très contents aujourd’hui. Nos frères sont venus de partout en Afrique, notamment du Mali, de Côte d’Ivoire, du Sénégal et autres. Si nous sommes restés ici jusqu’à 2 heures du matin, c’est parce qu’il y a la paix et la sécurité. Et cette sécurité, nous l’avons eue grâce au président de la République ».

La célébration s’est poursuivie par des prières et des cantiques islamiques jusqu’au petit matin de ce mercredi 26 août.
À Kankan, cette édition du Maouloud aura ainsi rassemblé des fidèles venus de différentes régions de la Guinée et de plusieurs pays de la sous-région autour de la prière, de la prédication et de la célébration religieuse.











