En prélude à la rentrée universitaire 2026-2027, l’Université Julius N’yérére de Kankan poursuit la réforme et la diversification de ses offres de formation. Parmi les principales nouveautés annoncées figure l’ouverture de la Faculté des Sciences juridiques et politiques, ainsi que le lancement de nouveaux programmes, notamment en géologie. Dans cet entretien exclusif accordé à Kankan24.com, le Vice-Recteur chargé des études par intérim, Pr Mamadou Dindé Diallo, revient sur ces nouveautés ainsi que les capacités d’accueil de l’université et les perspectives offertes aux nouveaux bacheliers.
KANKAN24 : Cette année, l’Université Julius N’yérére va ouvrir la Faculté des Sciences juridiques et politiques. Dans quel état avez-vous accueilli cette nouvelle ?
Pr Mamadou Dindé DIALLO : Nous remercions d’abord le ministère de l’Enseignement supérieur d’avoir accepté, cette année, que nous puissions ouvrir une nouvelle faculté. C’est une faculté dont nous avons tant rêvé depuis le temps de mon prédécesseur aux études, feu Docteur Moussa Fanta Kourouma, qui était lui-même juriste. À son arrivée, il avait fait le projet de la création de cette faculté. Les documents ont été faits en son temps. Malheureusement, l’ouverture s’est faite en son absence. Mais l’administration est une continuité.
L’université de Kankan va ouvrir la Faculté des Sciences juridiques et politiques, qui viendra s’ajouter aux cinq autres facultés. C’est une joie, c’est aussi avec beaucoup d’appréhension parce qu’il faut réussir maintenant à l’implanter. Et pour cela, il faut beaucoup d’efforts. Il faut des juristes talentueux pour pouvoir donner ces cours. Depuis l’annonce de cette nouvelle, nous sommes à pied d’œuvre pour pouvoir accueillir nos premiers étudiants dès octobre prochain.
KANKAN24 : Pour pouvoir accueillir vos premiers étudiants cette année, mais est-ce que vous aurez le même nombre d’étudiants en droit que l’Université de Sonfonia, qui dispose de cette faculté depuis des années ?
Pr Mamadou Dindé DIALLO : La politique d’orientation des étudiants ne dépend pas des universités. Cela dépend des hautes autorités du ministère. Celles-ci peuvent décider d’envoyer tel nombre d’étudiants dans les universités selon la disponibilité des infrastructures.
À l’Université de Kankan, nous sommes en pleine mutation pour les infrastructures. Donc, nous sommes débutants, nous pensons avoir peu d’étudiants pour l’instant. Au fur et à mesure, nous allons augmenter en fonction de la disponibilité des infrastructures.
KANKAN24 : L’Université de Kankan est considérée comme l’une des institutions d’enseignement supérieures pléthoriques du pays. Est-ce que vous disposez de places pour accueillir ces étudiants ?
Pr Mamadou Dindé DIALLO : Cette année, nous sommes en plein chantier. Nous sommes en train de refaire des amphithéâtres. Nous sommes en train de refaire certains bâtiments. L’État a pris toutes les dispositions pour pouvoir accueillir les étudiants.
D’ici l’ouverture, vous verrez qu’il y aura quand même de la place en fonction de ce que nous disposons. Il y a énormément de chantiers actuellement à l’université. Et l’État connaît notre disponibilité, donc il enverra des étudiants en fonction de cette disponibilité. Nous avons déjà exprimé notre capacité d’accueil. Ils vont jauger le nombre d’étudiants futurs puisque cette année, il y a eu plus de 44 000 admis au bac.
KANKAN24 : Est-ce que vous avez pris des dispositions quant à l’accompagnement des étudiants dans les travaux pratiques sur le terrain ?
Pr Mamadou Dindé DIALLO : Mais Kankan est une grande juridiction. C’est la deuxième plus grande juridiction du pays. Nous avons déjà pris des dispositions pour pouvoir entrer en contact avec les praticiens. Et puis, ce qu’ils ne trouveront pas sur place, Kankan n’est pas un territoire hors de la Guinée. Il y a la mobilité des enseignants. Donc, cela ne cause aucun problème.
Cette année, nous n’avons voulu ouvrir que deux départements. Sinon, il y a beaucoup d’autres programmes à ouvrir. Par exemple, entre le droit public et le droit privé, on a préféré que le droit public. Le droit privé viendra dans les années à venir.
On n’a pas aussi ouvert de licences en droit des affaires et de fiscalité. Il y a aussi la licence en droit minier, de l’énergie et de l’environnement. Ça, c’est dans notre programme. Nous sommes dans une région minière. Il faut qu’on ait des personnes qui connaissent le droit minier.
Nous allons ouvrir également la licence en administration et gouvernance des projets publics, c’est encore prévu. Une licence en diplomatie et en relations internationales. Nous avons aussi prévu une licence en gouvernance électorale et processus démocratique.
Vous avez vu, sur près de huit programmes, nous n’en ouvrons que deux cette année. Au fur et à mesure, nous allons ouvrir les restes.
Tous ces programmes, c’est dans l’initiative du Président de la République, qui veut que nous formions des gens prêts pour l’emploi. Ce n’est pas de former aujourd’hui des futurs chômeurs demain. Mais il s’agit de former des étudiants capables de s’insérer immédiatement dans le monde socioprofessionnel.
C’est pourquoi nous sommes en train de concocter des programmes attrayants, des programmes qui sont en adéquation avec les besoins du pays. Cette année, nous passons de 19 à 30 programmes.

KANKAN24 : À part la Faculté des Sciences juridiques et politiques, quelles sont les autres facultés qui s’ouvriront à l’UJNK ?
Pr Mamadou Dindé DIALLO : Le plus important, c’est que nous ouvrons le programme de géologie. Ce programme n’existait pas, alors que Kankan est une zone minière par excellence. Donc, cette année, on va former pour la première fois des géologues ici à Kankan.
On va former des étudiants à la géologie pour qu’ils puissent aller à la mine, immédiatement travailler dans les industries minières. Puisque nous sommes dans un pays qui rêve de grandir avec le projet minier, il faut former des géologues parce que ceux qui viendront avec leurs géologues, s’ils ne trouvent pas de géologues sur place…
Et partout, dans tous les domaines. Que ce soit en histoire, géographie, en sociologie, en lettres… Partout, nous avons rénové. Tout est rénové.
Nous avons créé de nouveaux programmes qui vont venir appuyer les anciens programmes. Et les masters sont en gestation actuellement. Et cette année, nous allons encore ouvrir près de 10 programmes de master à l’Université de Kankan dès l’ouverture, inchallah.
KANKAN24 : Mais est-ce qu’il y a des anciens programmes qui vont être remplacés par de nouveaux ?
Pr Mamadou Dindé DIALLO : Bon, en master, il y a eu des programmes qu’on a supprimés. Il y a des programmes qu’on a complètement rénovés pour s’adapter à la réalité.
Ça, c’est inhérent à la vie. Il faut être prêt au changement et s’adapter aux conditions actuelles et futures. C’est ça, la vision. On ne regarde pas qu’aujourd’hui. On regarde ce qu’on a fait hier, ce qu’on fait aujourd’hui. Surtout, il faut se prévenir pour demain.
KANKAN24 : Est-ce qu’il y aura une Faculté de l’information et de la communication ?
Pr Mamadou Dindé DIALLO : Pour l’instant, non. C’est un domaine un peu réservé à l’ISIC de Kountia. C’est comme l’enseignement qui est réservé à l’ISSEG de Lambanyi. Ce sont des écoles spécialisées, on ne va pas être gourmand.
Notre vœu, c’est de faire de cette université une très grande université où on trouverait tout. Mais tout ne peut pas se faire en même temps. Il faut aller lentement, mais sûrement.
Ça va arriver parce qu’avec le projet de l’extension de l’université de Bordo et Fadou, cette université va grandir vers ces lieux. Elle sera une université à part entière avec tous les programmes de licence, de master et le doctorat. C’est notre rêve quand même.
KANKAN24 : Quel appel lancez-vous à l’endroit des bacheliers qui vont commencer à s’orienter dès ce 10 septembre ?
Pr Mamadou Dindé DIALLO : Je vais les inviter à choisir Kankan. Ne regardez pas la distance. Regardez les opportunités de formation.
À l’Université de Kankan, c’est la rigueur dans l’enseignement et dans l’évaluation. Parce que nous voulons des diplômés qui s’inséreront dans le monde du travail dès l’obtention de leur diplôme.
Interview réalisée par Mamadi Kèndè Mara











