Bâti sur une superficie de 22 hectares, le grand périmètre maraîcher de Bordo est exploité par l’Union de Bordo, composée de sept groupements réunissant des hommes et des femmes. Salades, aubergines, tomates et plusieurs autres légumes y sont produits tout au long de l’année.
Mais en ce début de saison des pluies, les exploitantes font face à une menace grandissante : la divagation des animaux. Moutons, chèvres et surtout bœufs envahissent régulièrement les parcelles, détruisant les cultures et compromettant les récoltes.
« Les difficultés auxquelles nous sommes confrontées ici, c’est la divagation des animaux. Les moutons, les chèvres et surtout les bœufs nous fatiguent énormément. Cette année, nous ne récolterons pas de maïs. Les bœufs ont tout détruit », déplore Adama Coulibaly, maraîchère.

Selon elle, les troupeaux en provenance des quartiers environnants pénètrent dans le périmètre maraîcher, broutent les cultures et endommagent les clôtures.
« Ce que nous faisons pendant la journée, les bœufs le détruisent dans la soirée. Nos clôtures sont abîmées et nous souffrons énormément », ajoute-t-elle.
À cette menace s’ajoutent des difficultés phytosanitaires. Certaines cultures, notamment les aubergines et les salades, sont affectées par des maladies dont les productrices ignorent encore les causes.
« Nos aubergines ont des difficultés à pousser. Au moment de la floraison, les fleurs se dessèchent avant même de donner des fruits. On nous dit que cela serait dû à des insectes qui attaquent les racines », explique Sona Cissé.

Les laitues ne sont pas épargnées.
« Parfois, nos salades deviennent rouges sans que nous sachions pourquoi, puis elles finissent par mourir », confie-t-elle.
Les maraîchères indiquent avoir abandonné les engrais chimiques au profit d’engrais organiques qu’elles produisent elles-mêmes. Malgré cette initiative, les pertes persistent.
Face à cette situation, elles sollicitent l’appui des services techniques de l’agriculture afin d’identifier les causes des maladies, de lutter contre les ravageurs et de bénéficier d’un meilleur encadrement.

Les exploitantes saluent toutefois les efforts des autorités, notamment la réalisation de forages solaires et de bornes-fontaines qui ont amélioré l’accès à l’eau. Elles estiment cependant que ces acquis restent insuffisants tant que la divagation des animaux n’est pas maîtrisée.

Après avoir saisi les autorités compétentes, elles espèrent désormais des mesures concrètes pour protéger le périmètre maraîcher, sécuriser leurs récoltes et préserver leurs revenus.
Mamadi Kèndè Mara











