Le mardi 11 novembre 2026, la Guinée a lancé officiellement l’exploitation du gisement de simandou. Un projet ambitieux considéré comme l’un des plus grands investissements miniers d’Afrique.
Pendant que les travaux d’exploitation du minerai de fer de Simandou se poursuivent au sud-est de la Guinée entre les préfectures de Kérouané et Beyla, les communautés impactées par ce méga projet continuent de déplorer les pertes des plaines agricoles et la pollution des cours d’eau causées par les eaux boueuses issues de l’exploitation. C’est du moins ce que révèle le nouveau rapport semestriel du comité de suivi des impacts du projet Simandou de Kérouané.
C’est à travers des rencontres tenues le 21 juillet 2026 à Kérouané notamment à la mairie, au siège de Rio Tinto Simfer et à la place publique de Damaro que le comité de Kérouané a présenté, expliqué et publié ce rapport semestriel.
Les cérémonies ont regroupé les membres dudit comité et les représentants de la société Simfer Rio Tinto et B WCS.

Selon M. Ansoumane Camara, coordinateur dudit comité, ces rencontres ont permis de présenter les principales activités réalisées au cours du semestre (novembre-mai), les résultats obtenus, les défis rencontrés ainsi que les perspectives pour les mois à venir.
« Les échanges se sont déroulés dans un esprit de collaboration et de transparence », se réjouit-il.

Un rapport révélateur
Ce rapport semestriel présenté et publié par le comité de suivi des impacts de Simandou de Kérouané couvre la période allant de novembre 2025 à mai 2026. Il comporte 24 pages et révèle entre autres, la documentation des impacts du projet sur les communautés et la saisine du mécanisme interne de gestion des griefs des entreprises ainsi que les analyses juridiques et les différentes recommandations.
Pour la réalisation de ce rapport, le comité affirme avoir misé sur une méthodologie basée sur les consultations des communautés impactées et des documents de référence. Parmi ces documents consultés, le comité cite les conventions de base, les EIES (Etudes d’impact environnemental et social) ainsi que d’autres données. « Ces consultations ont permis de procéder à la documentation et à la vérification des impacts, ainsi qu’à l’accompagnement des communautés dans la formulation de leurs plaintes à l’encontre des entreprises responsables », peut-on lire dans ce rapport.
Parlant des impacts répertoriés dans le cadre de ces suivis, figurent la pollution des cours d’eau, la destruction des plaines agricoles par les eaux boueuses…
Le rapport révèle des plaintes individuelles et collectives formulées et introduites par les communautés impactées auprès de Rio Tinto Simfer et B WCS.
« L’ensemble de ces impacts ont été confirmés par la société Rio Tinto Simfer en marge d’une mission de vérification en janvier 2026 », indique ledit rapport.

Gestion des plaintes
Le rapport semestriel dévoilé par le comité de suivi de Kérouané, rappelle que les anciennes plaintes de Rio Tinto Simfer sont jusqu’à présent sans indemnisation des impactés et non encore l’enlèvement de la boue dans les champs. « Aucune mesure pour ravitailler les communautés impactées en eau potable ou empêcher le déversement de la boue dans ces cours d’eau ».
Face à ces constats, le comité de suivi des impacts de Simandou par le biais de son coordinateur n’a pas manqué de formuler les recommandations à l’endroit des sociétés concernées. En ce qui concerne la gestion des plaintes, le comité déplore la lenteur observée dans la prise en charge. « Nous leur avons dit que le comité n’est pas un adversaire, mais plutôt un collaborateur. Il n’est rien d’autre qu’une organisation à base communautaire appuyée par Actions Mines Guinée », -il rassuré avant d’ajouter : « Par rapport aux plaintes, nous avons privilégié le mécanisme de gestion des conflits des différentes entreprises. Nous avons insisté pour que les plaintes qui ne sont pas résolues soient rapidement résolues. B WCS réagit rapidement dans le cadre de la résolution des plaintes que Rio Tinto. Nous avons lancé cet appel, pour que les communautés puissent bénéficier de leur droit. Nous avons aussi insisté sur la transparence des entreprises. Il faut que les communautés soient informées à temps », a lancé M. Camara.

Autres recommandations
Au nombre des recommandations mentionnées dans le rapport, figurent :
- La vulgarisation large et de manière simplifiée du mécanisme de gestion des plaintes ainsi que les Plans de Gestion Environnementale et Sociale (PGES) auprès des parties prenantes ;
- La réactualisation d’évaluations des champs impacts impactés afin de prendre en compte les différentes pertes en termes de semences, du coût des travaux, et de la récolte ;
- Le renforcement de la collaboration avec le comité de suivi et améliorer la réactivité des entreprises face aux préoccupations soulevées ;
- Le Respect intégral du contenu des PGES,
- La publication annuelle par le gouvernement guinéen des audits environnementaux et sociaux du projet, en les mettant à la disposition des parties prenantes, et en particulier des communautés impactées, pour assurer la transparence et l’accès à l’information.
Pour plus d’informations détaillées, lisez ici, l’intégralité dudit rapport : file:///C:/Users/PC/Documents/ACTIONS%20MINES%20RAPPORT%20ANNUEL/Rapport%20d’impact%20semestriel%20comit%C3%A9-%20K%C3%A9rouan%C3%A9(nov-mai%202026).pdf
Mohamed slem Camara











