Démarrée le 2 août 2026 au siège de Kankan24/AGEMI, la session de formation et de renforcement des capacités des Hommes dé médias et d’autres acteurs a pris ce lundi 3 août à Kankan, ville située à l’est de la Guinée.
Au terme de deux jours de travaux, l’Association Guinéenne pour l’Éducation aux Médias et à l’Information (AGEMI) a clôturé, à Kankan, cet atélier consacré au désordre de l’information. Organisée gratuitement au siège de l’association, cette initiative a réuni des journalistes ainsi que des participants issus d’autres secteurs d’activité.
Durant la formation, les participants ont été initiés à plusieurs modules portant notamment sur les différents types de désordre de l’information (mésinformation, désinformation et malinformation), les biais cognitifs, l’introduction au fact-checking, ainsi que les notions de pré bunking et de debunking.

Pour Mohamed Camara “Slem”, formateur et président de l’AGEMI, cette initiative répond à une nécessité face à la prolifération des fausses informations.
« L’AGEMI est une structure naissante qui est née dans le cadre de participer à l’éducation aux médias et à l’information en Guinée. Bien que la structure soit née ici à Kankan, nous voulons couvrir tout le pays à travers l’implantation d’antennes. Cette formation est venue d’un constat selon lequel aujourd’hui l’échiquier médiatique est pollué par les fausses informations. Le désordre de l’information est visible un peu partout, sur les réseaux sociaux comme sur les ondes. Nous avons donc voulu participer à l’éducation aux médias et à l’information des citoyens. C’est pourquoi nous avons élargi cette formation à d’autres secteurs d’activité », s’est-il exprimé.

Le président de l’AGEMI explique que les participants ont été outillés sur les différentes formes de désordre de l’information et les méthodes permettant de les détecter et de les combattre.
« À travers cette formation, on a outillé les participants sur la typologie du désordre de l’information : la mésinformation, la malinformation et la désinformation ainsi que sur les moyens de lutter contre ces phénomènes. À l’ère du numérique, les fausses informations se fabriquent très facilement et se propagent très rapidement. Nous leur avons également donné des outils pour les détecter. Nous avons mis l’accent sur le prébunking, qui consiste à prévenir les fausses informations grâce à une sorte de vaccination informationnelle, mais aussi sur le debunking, qui vise à démystifier une rumeur ou une fausse nouvelle. Enfin, nous avons présenté la méthodologie du fact-checking et la manière d’écrire un article de vérification des faits », a-t-il expliqué.

De la théorie à la pratique
Au terme de la formation, des articles de fact-checking ont été réalisés par les participants dans le cadre des travaux de groupe.
« Nous sommes vraiment contents de savoir qu’à l’issue de cette formation, trois articles ont été produits par les participants. Ils seront publiés sur nos médias partenaires, notamment Kankan24, Gbaikandjamana, Makono Médias et d’autres médias partenaires de l’AGEMI. L’objectif de cette formation a été atteint et les apprentissages ont été bien assimilés », s’est réjoui Mohamed “slem” Camara.
L’association entend désormais étendre cette initiative à d’autres préfectures de la Haute-Guinée avant de couvrir progressivement l’ensemble du pays.
« Ce n’est pas seulement Kankan. L’objectif est beaucoup plus grand. Nous comptons poursuivre à Siguiri, Mandiana, Kouroussa et Kérouané, avant de mettre le cap sur Faranah et d’autres localités. Nous souhaitons également plaider auprès des autorités pour que l’éducation aux médias et à l’information soit intégrée au système éducatif guinéen dans les années à venir ».

Des participants outillés et satisfaits
Les participants saluent une initiative qu’ils jugent utile dans le contexte actuel de circulation des fausses informations.
Le porte-parole des participants, Alhassane Kouyaté, enseignant et animateur d’émissions à la radio Horizon FM de Kankan, n’a pas de souligner le caractère inédit de cette formation.
« C’est la première fois que je vois un travail pareil, une initiative personnelle, sans être accompagnée par les autorités ou des partenaires de façon volontaire. C’est une chose à encourager. Nous lui rassurons aussi que le peu que nous avons appris ici, nous ferons tout pour une bonne restitution ».

Même satisfaction du côté de Saloum Camara, journaliste à Batè FM, qui affirme avoir découvert plusieurs outils de vérification numérique.
« Il y a beaucoup d’outils que je ne connaissais pas avant, comme Google Lens notamment, les différents outils de l’IA et comment vérifier une image, savoir si elle a été générée par l’intelligence artificielle ou non. D’ailleurs, ce qui m’a beaucoup attiré durant cette formation, c’est lorsque le formateur a attiré notre attention sur la différence entre un fait et une opinion »

Cette première cohorte marque ainsi le lancement officiel des activités de l’AGEMI, qui ambitionne de renforcer l’éducation aux médias et à l’information à travers la Guinée.
La séssion a été entierrement financée par l’association.
Mamadi Kèndè Mara











