Un faux communiqué attribué au ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle (MENA-ETFP) a largement circulé sur les réseaux sociaux et dans plusieurs groupes WhatsApp ces derniers jours en Guinée. La diffusion de ce communiqué intervient dans un contexte marqué par un changement à la tête du département de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle. Dans un décret publié le 27 juillet 2026 sur les ondes des médias d’État, le président de la République de Guinée Mamadi Doumbouya a nommé Madame Bintou Keïta comme Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle. Le 29 juillet, la nouvelle ministre a pris fonction.
Le document annonce une prétendue réforme majeure dans le système éducatif, notamment dans le cadre de l’organisation des examens de fin d’année. Parmi les réformes mentionnées dans ce communiqué figurent le retour du Bac 1, Bac 2 et du concours d’entrée obligatoire dans les établissements d’enseignement supérieur.
Le faux communiqué indiquait notamment :
« Le ministère de l’Éducation nationale informe l’ensemble des élèves, des parents d’élèves et de la communauté éducative que, dans le cadre du renforcement du système éducatif, les évaluations nationales seront organisées selon le calendrier suivant :
– BAC 1 : examen de fin de la première année du lycée, destiné à évaluer les acquis des élèves avant leur passage en classe terminale ;
– BAC : examen sanctionnant la fin du cycle secondaire ;
– BAC 2 : examen national de fin des études secondaires ouvrant l’accès à l’enseignement supérieur ;
– Concours d’entrée dans les établissements d’enseignement supérieur : les candidats admis au BAC 2 devront également réussir le concours correspondant à l’établissement ou à la filière de leur choix », peut-on lire dans ledit communiqué.

Des incohérences relevées
En marge de la formation initiée par l’Association guinéenne pour l’éducation aux médias et à l’information (AGEMI), nous avons procédé à une analyse dudit document.
Cette vérification a permis de relever plusieurs anomalies, dont : L’absence de date et de lieu sur le communiqué. Aussi, en faisant une analyse visuelle, nous avons remarqué l’absence de signature ou d’identification d’une autorité compétente.

L’analyse visuelle nous a également permis de constater la présence d’un emblème différent de celui du ministère. Car, il ne correspond pas à la charte graphique habituelle du ministère.


Outre ces incohérences, nous n’avons pas retrouvé ledit document sur les plateformes officielles du MENA-ETFP notamment sa page officielle Facebook et son site d’information.
Les analyses visuelles révèlent un contenu fabriqué.
L’image de la ministre décontextualisée
La photo présente sur le faux communiqué est bel et bien celle de Madame Bintou Keita, mais sortie de son contexte. Nous vous proposons ici les images de la passation de services.
À travers la recherche inversée, nous avons découvert que l’image de Madame Bintou Keïta présente sur le faux communiqué avait été publiée par le magazine Jeunes Afrique en 2021. Dans cet article du site d’information 7 sur 7, on retrouve la même photo.
Le démenti officiel du ministère
Face à la propagation de cette fausse information, le ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle (MENA-ETFP) a publié, le 2 août 2026, un démenti officiel sur sa page Facebook.
« Halte à la désinformation et à l’intox. Ce communiqué n’est pas du MENA-ETFP », peut-on lire sur la page officielle Facebook du ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle.
Aucune de ces réformes indiquées dans le faux communiqué n’a été annoncée par le ministère.
Il convient de rappeler que lors de sa prise de fonction, la nouvelle ministre Bintou Keïta avait exprimé son ambition de promouvoir l’excellence au sein du système éducatif guinéen, sans toutefois annoncer une réforme de cette nature.
Elle avait notamment déclaré : « Je suis quelqu’un qui est à la poursuite de l’excellence, extrêmement exigeante envers moi-même, ainsi qu’envers mes collaborateurs et collaboratrices. »
Cette mise au point confirme à nouveau que le document largement partagé sur les réseaux sociaux est un faux et qu’aucune réforme des examens nationaux telle que décrite dans ce communiqué n’a été officiellement annoncée.
Réflexe
À l’ère du numérique caractérisé par le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication, il est essentiel de faire preuve de vigilance avant le partage ou la diffusion de toute information.
Il serait utile de toujours vérifier systématiquement les informations publiées sur les canaux officiels des institutions concernées et de consulter des médias crédibles ainsi que les organisations spécialisées dans la vérification des faits afin de limiter la propagation de la désinformation et de la malinformation.
Cet article a été écrit par Souleymane Tata Bangoura, Mamoudou yèrèlon Sacko et Saran Camara dans le cadre de l’atelier de formation de l’AGEMI sur la lutte contre le désordre de l’information.
Il a été corrigé et validé par Mohamed slem Camara pour Kankan24











