Ce samedi, au bâtiment principal du lac Gbassikolo, le juriste Faya Samy Kamano a officiellement présenté son nouvel ouvrage intitulé : « Le droit à l’eau à l’épreuve de la protection de l’environnement en Guinée« . Devant un parterre d’invité composé d’étudiants, de diplomates et d’acteurs de la société civile, l’auteur a livré un plaidoyer pour une réforme profonde de la gouvernance hydrique.

Dans cet essai de 184 pages, Faya Samy Kamano analyse le droit à l’eau non pas comme un acquis, mais comme un « droit fondamental en constante construction ». Si l’ordre juridique guinéen a intégré cette dimension au fil des évolutions constitutionnelles et sous l’influence des normes internationales, la réalité sur le terrain reste préoccupante.
L’auteur souligne une contradiction majeure : malgré la « domanialisation » de l’eau c’est à dire son appartenance au patrimoine public, la gestion de la ressource est aujourd’hui fragmentée. Cette gouvernance, marquée par un manque de coordination entre acteurs publics et privés, peine à résister aux pressions croissantes des secteurs minier, agricole et urbain.
Interrogé par la rédaction de Kankan24, ce diplômé de l’Université de Sonfonia n’a pas caché son inquiétude face au fossé qui sépare les textes de la pratique.
« On ne peut pas dissocier le droit à l’eau de la protection des écosystèmes qui la produisent », a-t-il rappelé.
Pour lui, l’arsenal juridique guinéen souffre d’un manque criard de mise en œuvre : « En faisant le lien entre les textes et la réalité, on se rend compte qu’il n’y a qu’une légère effectivité. Ces insuffisances sont au cœur de notre démonstration », déplore-t-il.

Loin de se limiter à un simple constat de carence, l’ouvrage propose des solutions concrètes pour garantir l’accès à l’eau, notamment en zones rurales où les populations font face à d’énormes difficultés infrastructurelles.
Faya Samy Kamano plaide notamment pour : « Une réforme de la gouvernance et du cadre institutionnel actuel.
La révision du Code de l’eau, un chantier d’ailleurs en cours au Conseil National de la Transition (CNT) », Propose l’auteur.
À travers des exemples concrets et une approche rigoureusement scientifique, l’auteur rappelle que tant que l’urbanisation rapide et les problèmes de gestion ne seront pas freinés par une volonté politique forte, le droit à l’eau restera, pour beaucoup de Guinéens, un horizon lointain.
Mamady Kèndè Mara











