Du 4 au 8 mai 2026, s’est tenue dans la capitale guinéenne une session de formation intensive dédiée au Fact-Checking (vérification de l’information). Organisé par CFI sur un financement de l’AFD, cet atelier de cinq jours a réuni plusieurs professionnels des médias venus de Conakry et de l’intérieur du pays. L’objectif : Armer les journalistes face à la prolifération des fausses informations, exacerbée par l’essor du numérique et de l’intelligence artificielle. Parmi les participants figuraient notamment Facely Sanoh et Salou Camara, deux journalistes représentant la radio Baté FM de Kankan.

Présent pour transmettre son expertise, le journaliste et formateur Carole Valade s’est dit profondément marqué par la détermination de la cohorte guinéenne :
« C’était pour moi un moment très important de revenir en Guinée après toutes ces années. Professionnellement, je vous dis bravo, parce que ce qui m’a marqué ici, c’est le courage et la détermination dont vous avez fait preuve pour aller jusqu’au bout de cette formation. Vous avez toujours été présents, prêts à continuer jusqu’à la fin sans vous décourager. Je pense que c’est cela l’esprit de notre profession. Vous faites la fierté du journalisme guinéen grâce à cette détermination et ce courage. »

Au-delà des techniques générales de vérification, un accent particulier a été mis sur les enjeux environnementaux. Alpha Oumar Bagou Barry, coordinateur pays d’Afri’kibaru2, a rappelé l’importance cruciale de cette spécialisation :
« Les journalistes ont été initiés à la vérification des faits afin qu’ils puissent à chaque qu’il y ait une photo sur phénomène climatique tombe à la rédaction, ça peut être une inondation en Afrique centrale et qu’on attribue l’image à un pays ouest-africain par exemple, qu’ils puissent dire non. Ça s’est passé à telle date afin de pouvoir donner aux populations des informations sourcées, des informations vérifiées pour que chacun puisse faire quelque chose dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques ».

À la sortie des ateliers, les visages affichaient une grande satisfaction. Pour Oumar Bady Diallo, journaliste et secrétaire de rédaction à Africaguinee.com , cette formation est un tournant majeur pour la corporation :
« Je remercie infiniment CFI pour cette belle opportunité à travers laquelle plusieurs journalistes guinéens ont été formés au FactChecking, c’est-à-dire à la vérification de l’information. Au cours de ces cinq jours, nous avons appris beaucoup de choses, notamment la différence entre la mésinformation et la désinformation, le rôle du journaliste face à la désinformation, les acteurs impliqués, leurs motivations, la charte de Munich, la désinformation environnementale ainsi que les outils de vérification », s’est-il réjoui avant d’exprimer l’impact de cette formation pour lui et pour un pays. « Grâce à cette formation, j’ai compris que le Fact Checking peut non seulement changer le cours de l’histoire dans un pays, mais aussi sauver des vies tout en permettant d’informer de manière responsable. Grâce à CFI, je suis devenu non seulement journaliste spécialiste des questions environnementales et climatiques, mais aussi journaliste de solutions et désormais fact-checkeur », ajoute le journaliste d’Africaguinée.

Même enthousiasme du côté de Kankan. Facely Sanoh, rédacteur en chef de Baté FM, repart avec un bagage technique renforcé :
« C’est avec un sentiment d’allégresse que j’ai participé à cette formation sur les méthodes de fact-checking. Durant les cinq jours, nous avons été outillés sur les instruments visant à lutter contre la désinformation, mais également sur quelques notions de base du journalisme environnemental. C’est donc un sentiment de satisfaction et de joie pour moi d’avoir participé à ce projet de CFI. Désormais, je suis mieux outillé pour lutter contre la désinformation et sensibiliser sur les enjeux environnementaux. »

Pour Idiatou Souaré, journaliste au sein du média en ligne Guineeline.net, l’adaptation technologique n’est plus une option mais une urgence vitale pour la crédibilité des professionnels :
« Cette formation est très importante pour nous, journalistes. À l’heure de l’intelligence artificielle, nous sommes confrontés à une véritable guerre informationnelle. Si nous ne nous formons pas aux outils de vérification de l’information et de nos sources, nous risquons de nous discréditer. Aujourd’hui, nous devons utiliser ces outils pour améliorer nos contenus et renforcer notre crédibilité ».

Le constat est clair : le rôle du journaliste moderne a profondément évolué. Il ne s’agit plus seulement de rapporter les faits, mais de protéger activement les citoyens contre les dérives informationnelles.
« Aujourd’hui, le rôle du journaliste ne consiste plus seulement à informer, mais aussi à protéger le public contre la désinformation. Une information non vérifiée peut avoir de graves conséquences sur la société, surtout en période de crise politique, sociale ou sanitaire », a conclu un autre participant.
Chaque professionnel reprend désormais le chemin de sa rédaction avec une conscience aiguisée, de nouveaux outils en main, et la ferme intention de faire du fact-checking un réflexe quotidien.



Rédaction Kankan24/Batè FM











