Les sages des treize cantons de Siguiri se sont réunis ce dimanche 1er février au vestibule Nouga, sous la présidence d’El Hadj Dramane Magassouba et de ses conseillers, pour débattre d’une question jugée cruciale pour l’avenir de la préfecture : l’utilisation massive des machines dites poclains dans les sites d’orpaillage.
Dans une atmosphère empreinte de gravité et de responsabilité, les sages ont, à tour de rôle, exprimé leur profonde inquiétude face aux conséquences désastreuses de ces engins lourds sur l’environnement, les terres agricoles, les cours d’eau et la santé des populations. Selon eux, l’exploitation mécanisée et incontrôlée de l’or est en train de transformer Siguiri en un paysage dévasté, où les champs, les forêts et les rivières sont progressivement détruits.
« Nos terres nourricières sont éventrées, nos rivières sont polluées, et nos enfants risquent de grandir dans un environnement invivable », a déclaré l’un des sages, rappelant que l’orpaillage artisanal, jadis source de subsistance, est devenu aujourd’hui un facteur de destruction écologique et sociale.
Les sages ont également dénoncé la complicité tacite de certains acteurs qui ferment les yeux sur ces pratiques, au détriment des communautés locales. Ils ont insisté sur la nécessité de protéger le patrimoine naturel et culturel de Siguiri, considéré comme un héritage sacré transmis de génération en génération.

À l’issue des échanges, il a été unanimement convenu d’adresser une lettre officielle au Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, afin de l’informer de la position et de la décision des sages des treize cantons. Cette correspondance vise à solliciter l’intervention des plus hautes autorités pour réglementer, voire interdire, l’usage des machines pelleteuses “poclains” dans les mines artisanales de la préfecture, et pour promouvoir une exploitation minière responsable et respectueuse de l’environnement.
Par cette démarche, les sages des treize cantons entendent rappeler leur rôle historique de gardiens des traditions et protecteurs des terres ancestrales, tout en appelant à une prise de conscience collective pour sauver Siguiri d’une dégradation irréversible.
Ousmane Keita











