La préfecture de Siguiri traverse aujourd’hui une situation environnementale particulièrement préoccupante, qui mérite une attention urgente des plus hautes autorités du pays.
Pilier stratégique de l’économie nationale grâce à ses importantes ressources minières, Siguiri fait face à une dégradation écologique sans précédent.
La pollution de l’air devient de plus en plus perceptible, au point que certains habitants se protègent quotidiennement contre les affections respiratoires. Les cours d’eau se raréfient, les terres agricoles s’appauvrissent et l’équilibre naturel de la région est gravement menacé.
Le phénomène le plus alarmant reste l’exploitation minière menée en marge des règles établies, parfois en collaboration avec des partenaires étrangers, jusque dans le lit des fleuves et des rivières. Ces pratiques mettent en danger une ressource essentielle à toute vie : l’eau. Or, sans eau, il ne peut y avoir ni agriculture, ni élevage, ni santé publique, ni développement durable.
Il convient de préciser que Siguiri n’est pas opposée à l’exploitation de ses richesses. Depuis plusieurs décennies, des sociétés minières industrielles légalement établies contribuent à l’économie nationale. Les populations comprennent l’importance stratégique de ces activités pour le développement du pays.
Cependant, le respect strict des normes environnementales et du cadre légal doit demeurer une exigence non négociable pour tous les acteurs du secteur. Les exploitations anarchiques devraient céder la place à des opérateurs industriels encadrés, responsables et soumis aux standards environnementaux en vigueur.
À défaut d’une action ferme et concertée, Siguiri pourrait connaître un sort comparable à celui de Banankoro, autrefois présenté comme un eldorado, mais aujourd’hui fragilisé par une exploitation incontrôlée.
Siguiri ne refuse pas le développement.
Siguiri demande un développement responsable, équitable et durable.
La question qui se pose avec insistance est celle de la poursuite de cette dégradation environnementale dans un contexte perçu par beaucoup comme marqué par une réaction insuffisante des autorités compétentes. La protection du cadre de vie des populations devrait constituer une priorité nationale.
Aux cadres, aux ressortissants et aux filles et fils de Siguiri, votre position ou vos fonctions ne devraient pas constituer un frein à votre engagement pour la préservation de notre préfecture. S’abstenir de s’associer à cette mobilisation par convenance ou prudence serait perçu comme un désengagement face à une responsabilité collective. L’histoire jugera avec équité l’attitude de chacun dans la défense de l’intérêt général.
Cette tribune se veut un appel républicain adressé à Son Excellence Mamadi Doumbouya, Président de la République, afin que des mesures fortes soient envisagées pour préserver Siguiri et garantir un avenir viable aux générations futures.
La démarche est animée par un attachement sincère à la République et par la volonté de voir s’instaurer une exploitation responsable de nos ressources naturelles.
Menons, avec responsabilité, une lutte pacifique et encadrée pour le bien-être de tous.
Par Aboubacar Sidiki Capi CAMARA
Citiyen engagé pour la République











