La Société Cotonnière de Kankan renaît progressivement de ses cendres. Ces dernières semaines, plusieurs actes concrets ont été posés sur le terrain, traduisant une volonté claire de relancer cette filière stratégique pour l’économie locale et la sécurité alimentaire.
En effet, la Société Cotonnière de Kankan a procédé au lancement officiel des opérations d’enlèvement et de paiement des anciens stocks de coton-graine, tout en procédant à la remise de 50 motoculteurs aux producteurs locaux. Un geste fort, qui constitue un véritable catalyseur pour dynamiser cette entreprise longtemps plongée dans une léthargie inquiétante.
Sous la houlette de sa nouvelle équipe dirigeante, conduite par Moussa Doumbouya, de nombreuses recommandations issues de consultations, réunions et tables rondes—impliquant anciens, nouveaux cadres et experts du secteur—ont été mises en œuvre avec rigueur. Ces actions reflètent une approche stratégique intégrant à la fois la réhabilitation des infrastructures agricoles, le renforcement des capacités des producteurs et la modernisation de la logistique de collecte.
L’appui institutionnel du département en charge de la politique agricole, soutenu par la haute hiérarchie, a également été déterminant. Grâce à ces interventions, 30 % du capital social de la Société Cotonnière a été libéré, offrant à la société une bouffée d’oxygène pour sortir d’une crise prolongée et préparer efficacement la prochaine campagne cotonnière.

Cette relance, si elle se pérennise, pourrait générer emploi, revenus et dynamisme économique dans la région, tout en favorisant l’adoption des bonnes pratiques culturales telles que le semis à densité optimale, la rotation culturale avec arachide ou maïs, et l’utilisation de semences certifiées pour améliorer les rendements.
Encore, les 50 motoculteurs distribués représentent un levier concret pour améliorer la mécanisation et la productivité des exploitations cotonnières locales. Mais il est essentiel que cette avancée s’accompagne d’un suivi technique régulier, d’un programme de maintenance préventive, et de formations pour les producteurs afin d’assurer un usage optimal et durable des équipements.
En tant que journaliste spécialisé dans les questions agricoles, je souligne que ces initiatives méritent une attention particulière. La nouvelle équipe dirigeante mérite sincères félicitations pour cette prouesse, mais la consolidation de ces acquis nécessitera un plan stratégique pluriannuel, une gestion transparente des stocks et du capital, ainsi qu’une synergie renforcée avec les producteurs et les institutions financières agricoles.
Pour la Haute-Guinée, ce vent de renouveau sur la filière cotonnière est prometteur. Il reste à espérer qu’il soufflera durablement, générant croissance, emplois et prospérité pour les familles paysannes, tout en positionnant Kankan comme un hub agricole exemplaire de la région.
Par Facely Enquêteur Sanoh,
Journaliste spécialisé en médias agricoles & fondateur du site Agri224.com












