Situé à Kopère, dans la commune urbaine de Dubreka à 50 km de Conakry, le jardin botanique de l’IRDP-MAG (Institut de Recherche et de Développement des Plantes Médicinales et Alimentaires de Guinée) constitue l’un des patrimoines les plus importants du pays. Bâti sur un espace de 13 hectares dont une majorité de mangrove (20 hectares), 9 hectares de terre ferme et 3 hectares de prairie, ce site créé dans les années 2000 est aujourd’hui un centre de conservation dédié aux plantes médicinales et alimentaires guinéennes.
La directrice générale adjointe, Dr Siré Diané, explique la démarche de l’institut :
« Cet institut s’occupe de la valorisation des plantes médicinales et alimentaires de Guinée. Lorsque nous sommes face à une pathologie, nous nous tournons vers les tradipraticiens. D’abord, nous cherchons à comprendre leur conception de la pathologie. Ensuite, nous essayons d’obtenir les recettes qu’ils utilisent pour la traiter. Nous rapportons ces recettes dans nos laboratoires pour analyser les plantes et isoler les molécules actives capables de guérir la maladie », souligne-t -elle.

Malgré son importance écologique et sociale, ce joyau environnemental fait face à des menaces, notamment de la part des riverains. Le botaniste Dr Jean Loua décrit cette lutte comme un défi herculéen :
« C’est un combat continu, un combat herculéen. Imaginez interdire aux riverains d’accéder à un jardin qui était leur propriété à l’origine. Ce n’est pas facile. C’est ici qu’ils venaient chercher leur bois de chauffe ou leurs remèdes traditionnels. Aujourd’hui transformé en jardin botanique, nous leur interdisons l’accès, ce qui crée des tensions. Nous avons donc demandé à l’État de nous octroyer un (PEA) pour sécuriser le site, mais des failles persistent, car le jardin n’est pas entièrement clôturé ».
Aucune recherche scientifique ne peut évoluer sans les références nécessaires. Ce jardin est aujourd’hui un centre de référence pour les chercheurs de plantes médicinales et alimentaires.
Dr Loua souligne également l’ambition de l’IRDP-MAG :
« Notre objectif est de rassembler ici toutes les espèces médicinales du pays. Ainsi, un chercheur pourra y trouver une plante qu’il n’aurait jamais observée auparavant. Notre combat est de parvenir à domicilier toutes les espèces pays ici ».

L’institut encadre des étudiants en médecine et pharmacie, comme Mory Guilao, doctorant : « Nous travaillons sur la mise en forme médicamenteuse des drogues végétales et extraits disponibles ici. Nous les transformons en granulés, comprimés ou gélules. Nos recherches ethnobotaniques visent à valoriser ces plantes en médicaments, d’abord pour l’institut, mais surtout au profit de la population », explique t-il

Avec 48 employés dont 32 titulaires l’IRDP-MAG a déjà commercialisé des produits comme « GuinessHDA » (contre l’hypertension) et « Satagas » (antidiabétique).
Reportage réalisé par Mamadi Kèndè Mara (Batè FM-Kankan24) dans le cadre du projet Afri’Kibaaru 2, initié par CFI Médias avec le financement de l’AFD












