Décédé le jeudi dernier des suites de Maladie, l’enseignant chercheur de l’université Julius Nyerere Alpha Oumar Barry A.O.B a rejoint sa dernière demeure ce samedi 22 février à Dalaba. Suite à la publication sur les réseaux sociaux des images de sa dépouille déposée sur le porte bagage d’un véhicule de transport en commun, nombreux sont des citoyens de la commune urbaine de Kankan qui fustigent un manque d’honneur à l’endroit de sa mémoire.
Cercueil en bois attaché à l’aide d’un filet vert sur le porte bagage d’un taxi de marque verso, voici les circonstances dans lesquelles, la dépouille du Dr Alpha Oumar Barry a quitté ce vendredi Kankan pour Dalaba. Des proches, parents et collaborateurs sont réunis autour du véhicule de transport en commun pour témoigner de leur présence. La diffusion large de ces images sur les réseaux sociaux continuent de susciter l’indignation de la part de certains citoyens qui dénoncent un manque de respect envers le corps de celui qui a passé plus de 20 ans à enseigner à l’université de Kankan. C’est le cas de M. Sékou Kaïssa Cissé, jeune acteur de la société civile : « Personnellement ce que je déplore, c’est la manière par laquelle l’encadrement de l’université a accompagné le corps de ce grand monsieur qui a presque donné toute sa vie à l’enseignement supérieur…On a vu les images, il a été embarqué à bord d’un taxi, un véhicule de transport en commun. C’est vrai que l’université a fait une mobilisation financière pour embarquer le corps, mais je pense que le plus important est que ces mêmes autorités pouvaient réunir les moyens logistiques les plus adéquats pour permettre le transport de son corps arrive dans son Dalaba natal », déplore t-il.

L’enseignement est un métier noble à t-on coutume de le dire. Mais le jeune leader Sékou Kaissa Cissé s’inquiète du sort qui pourrait être réservé à d’autres professeurs après leur mort.
« Je pense que ce qui est arrivé au Dr AOB peut arriver à tout le monde…C’est vrai qu’il y a l’administration, mais le caractère social et humanitaire doivent guider un bon responsable au niveau d’un service. Je pense que les cadres de l’université doivent se bouger pour éviter ces manquements. D’après tout ce qu’il a donné à l’enseignement guinéen, on pouvait organiser un symposium en sa mémoire », poursuit-t-il.

Face au manque d’ambulances et de corbillards dans les institutions d’enseignement supérieur du pays, l’activiste formule des recommandations et suggestions à l’endroit des Ministères chargés de l’éducation et l’enseignement du pays.
« Les autorités universitaires pouvaient solliciter un corbillard…Il appartient désormais au Ministère de l’enseignement supérieur de tirer toutes les conséquences pour ne pas que les mêmes cas se reproduisent au sein de l’université de Kankan. Aussi, c’est de demander le ministère de doter les universités en corbillards et ambulances surtout qu’il y a des infirmerie dans les universités du pays »
À l’université julius Nyerere de Kankan, difficile pour les responsables de s’exprimer devant nos caméras et micros. L’un d’entre eux affirme qu’un soutien financier de 15 millions de francs guinéens a été fait et remis à la famille du défunt. Un autre cadre ajoute que la structure syndicale de ladite université a contribué aussi à hauteur de plus de 3 millions de francs guinéens.
Les responsables de l’université interrogés en off, affirment également qu’aucune demande d’obtention du corbillard n’a été adressée à l’hôpital régional.
Selon les informations recueillies sur place, Alpha Oumar Barry alias A.O.B a été inhumé le samedi 21 février à Fougoumba relevant de la préfecture de Dalaba. Malgré sa mise à la retraite, il continuait de donner cours à l’université en qualité de vacataire. “ c’était une manière pour nous de l’aider” ajoute notre source.
Mohamed Slem Camara











