Une bonne nouvelle pour la Préfecture de Mandiana, le Préfet vient de répondre positivement à notre crie de cœur, ce pourquoi on n’était vraiment revolté.
En effet, le Préfet de Mandiana vient de prendre une décision Ref: N°003/P/MNA/2026 portant l’interdiction formelle de l’utilisation des pelles mécaniques (poclains), des concasseurs et des dragues dans l’exploitation minière dans Préfecture de Mandiana. Une nouvelle qui nous soulage et nous réconforte dans notre lutte pour la protection de l’environnement, un combat idéal.
Cependant, nous restons sceptiques et à l’observation, ce n’est qu’un début. Le gros travail qui reste à venir c’est de veiller au respect strict de la décision. Car, nous savons que la matière environnementale est caractérisée par le principe de la non-régression, qui voudrait dire que la décision contraire à celle sus indiquée ne sera pas tolérable dans la Préfecture de Mandiana.
En outre, la présente décision tout comme le décret qui a retiré plusieurs permis l’année passée ont visiblement laissé un fossé non comblé. Parce qu’il se trouve que, sur le terrain, il y avait des pratiques non autorisées ou du moins mal autorisées. Ce qui suppose que, les personnes qui faisaient ces pratiques méritent des sanctions administratives, civiles et mêmes pénales. Mais, très malheureusement, les deux décisions sont prises et les personnes qui faisaient ces pratiques hors de tout cadre légal sont laissées pour compte au détriment de l’environnement, de la vie paisible des populations guinéennes et plus particulièrement cette de Mandiana. Pourtant, l’article 1173 du Code Civil de la République Guinée est très clair là-dessus « toute personne responsable d’un préjudice écologique est tenue de le réparer ». Ce qui sous entend que la réparation des préjudices écologiques découlant de ces pratiques est une obligation pour ces personnes.
Voilà pourquoi, nous sommes sceptiques et restons à l’observation, ceux-ci sont liées à plusieurs raisons :
1- avant cette décision, il ne manquait pas à la Guinée de bon texte, mais, cest leurs applications qui fait largement défaut, donnant même l’impression qu’il n’y a pas d’encadrement.
2- Parce qu’aussi, c’est les mêmes autorités qui avaient décidé de passer outre, bien qu’il y avait des textes ;
3- nous doutons maintenant de la volonté sincère des mêmes autorités qui étaient là hier et qui sont encore là aujourd’hui ;
4- parce que c’est une décision unilatérale, mais qui ne peut-être mise en œuvre unilatéralement. Or, les autres acteurs sont mise à l’écart par cette décision.
Maintenant, qu’est-ce qu’il faut pour que cette décision puisse avoir d’effet, c’est de :
– procéder à la traduction du contenu de cette décision en Malinké pour la population locale de Mandiana ;
– mettre les médias radios et télés (publique et privés) à contribution pour transmettre dans la langue locale le contenu de cette décision ;
– impliquer toutes les OSC dans la sensibilisation et le contrôle strict de l’application de cette décision ;
– impliquer l’Union Nationale des Orpailleurs de Guinée dans le contrôle de la mise en œuvre de cette décision et de son respect strict.
Abdramane Diakite Ingénieur et Juriste Environnementaliste, Consultant sur des questions environnementales et climatiques et du Développement Durable.












