Considérée comme l’un des plus grands projets miniers au monde, la mine de fer de Simandou située au sud-est de la Guinée, continue de susciter assez d’espoir chez le peuple de Guinée ainsi que ses dirigeants. Un rapport du Fonds monétaire international (FMI), précise que d’ici 2030, l’exportation de ce gisement pourrait augmenter le PIB de la Guinée à 26%.
Au-delà du chemin de fer du transguinéen long de 650 Km construit, d’un port en eau profonde prévu et des emplois générés, ce mégaprojet évolue avec des impacts environnementaux qui sont d’ores et déjà visibles dans certaines localités impactées. C’est le cas de la préfecture de Beyla où se trouvent les blocs 3 et 4. De Nionsomoridou à Watafredou II en passant par Moribadou, Traorela jusqu’à Kamandou, des impacts sont observés. Pour faire face et interpeller la société et les autorités, un comité de suivi des impacts a été mis en place par les communautés. Ce comité soutenu par l’ONG Actions Mines Guinée est composé des leaders issus des principales localités impactées dans la préfecture. Parmi ses principaux objectifs, figure la promotion du respect des droits humains et environnementaux dans cette préfecture située à environ 929 km de Conakry.
Depuis son existence, ce comité a publié 4 rapports trimestriels. En ce début d’année 2026, il vient donc de publier le rapport annuel résumant ainsi les contenus des rapports publiés et les éfforts fournis pendant la période allant du mois d’octobre 2024 à septembre 2025.
Ce rapport annuel comporte 15 pages et révèle entre autres, les impacts liés à l’exploitation de la mine de fer à Beyla ainsi que les différentes plaintes adressées au niveau de la société Rio Tinto et les recommandations du comité.
Selon Monsieur Lansana Donzo, coordinateur préfectoral du comité à Beyla, des démarches concrètes ont abouti à l’élaboration dudit rapport. « Nous collectons d’abord les données sur le terrain et les envoyons à la coordination pour pouvoir travailler dessus. Nous partons s’enquérir des réalités en prenant des photos sur le terrain. Ensuite, on procède à la vérification de ces données sur le terrain à travers des équipes différentes et la hiérarchie. Nous consultons les communautés, notamment les citoyens impactés », a-t-il affirmé.
Dans des localités impactées, le constat révèle la pollution des cours d’eau et la dégradation des terres cultivables. Une situation que déplore M. Donzo : « Il y a Traorela, Kamadou, Watafredou 1 et 2, Moribadou, Nionsomoridou, Moribignedou, Tamikola, Gbangbadou…Dans ces localités, les champs et les cours d’eau sont impactés. La rivière Miyah par exemple à Nionsomoridou est de nos jours polluée par les eaux boueuses issues des travaux d’exploitation ».
Au nombre des plaintes, ce rapport annuel met l’accent sur 17.
Outre les plaintes liées aux impacts environnementaux, M. Donzo affirme qu’un autre problème persiste sur le terrain. Il s’agit de la gestion de la compensation. « La société affirme avoir donné tout l’argent destiné à la compensation des citoyens impactés, mais nombreuses sont des victimes qui disent n’avoir rien reçu », nous informe t-il.
A ces difficultés, le coordinateur préfectoral ajoute le manque d’eau potable. « Conséquence des travaux d’exploitation », déclare t-il.
C’est pourquoi, il recommande non seulement la collaboration étroite avec le comité sur le terrain en l’associant notamment au processus de résolution des plaintes pour améliorer la transparence et la redevabilité.
Ensuite, la réparation des préjudices causés aux communautés surtout les questions de pollution d’eau et dans un délai raisonnable pour éviter que les impactés s’impatientent.
Il a par ailleurs lancé un appel aux autorités afin d’intervenir pour la bonne gestion des compensations. « Le problème persiste toujours. Cela perdure depuis 16 mois maintenant ».
Ci-joint le rapport : VF Premier rapport d’impact annuel-comité de Beyla











