Dans le cadre de la relance effective de la filière cotonnière en Guinée, la nouvelle équipe dirigeante a initié ce samedi une journée porte ouverte à l’intention des journalistes et producteurs de la région. Selon la direction générale, cette initiative vise à informer les Hommes de médias des différents efforts qui sont en train d’être faits dans le cadre de la croissance cotonnière en Guinée, mais aussi rassurer les différents producteurs de coton de la volonté des autorités du pays à les accompagner dans la culture et la commercialisation du coton. Elle intervient en prélude au lancement de la campagne dénomée « campagne de mise en confiance » . « La priorité de la société cotonnière reste et demeure les producteurs. On est là pour faire en sorte que la relance soit bénéfique pour les populations », précise M. Moussa Doumbouya, directeur général de la société. La rencontre a connu la forte présence de la presse locale venue découvrir le fonctionnement de l’usine d’égrenage et comprendre les réalités actuelles qui prévalent au sein de la société cotonnière de Kankan.
Cette visite a démarré par le pont bascule, l’un des instruments essentiels dans la chaîne de transport avant l’égrenage du coton à l’usine. « Quand les camions rentrent, ils sont pesés ici. Après le pesage, il passe à l’usine pour être aspiré. Après l’aspiration, le camion retourne ici encore pour être pesé et déterminer le poids net du groupement », a expliqué M. N’famory Diaby, directeur de gestion des intrants et crédits agricoles de la société.


Des efforts concrets sont fournis et visibles sur le terrain. Des acquis rendus possibles grâce à la volonté manifeste du Président de la République Mamadi Doumbouya matérialisée par la ministère de l’agriculture Madame Aminata Kaba. Au nombre des prouesses observées et révélées sur place, figurent :
●Les 50 motoculteurs mis à disposition par le gouvernement à travers le ministère de l’agriculture.
●Les intrants dont 2000 tonnes d’engrais sont disponibles dans les magasins de Kankan, Mandiana et Siguiri.
●Le paiement des différentes dettes que la société devait aux producteurs. Ce qui met fin à une attente de 3 ans.
●L’achat et la collecte des anciens stocks de cotons sur toute l’étendue du territoire national avant fin mars.


Face aux Hommes de médias, M. Kaba Camara, responsable de l’usine a mis l’occasion à profit pour présenter et expliquer les installations aux Hommes de médias présents. Il a par ailleurs énuméré quelques difficultés dont le manque de personnel et de pièces de rechanges « L’usine est en état de travail aujourd’hui. Cette usine a une capacité de production de 40 mille tonnes par an. Aujourd’hui, elle fonctionne avec une seule équipe et cette équipe n’est pas permanente par manque de production. Quand on a des pièces de rechange, il n y a pas de problème, car le personnel est compétent, mais ce n’est pas suffisant. Car quand la production baisse, il y aussi le dégraissage. Ce qui fait que le personnel n’est pas comme avant ».


Aux magasins agricoles, les nombreux sacs d’engrais composés de l’urée et du NPK (Azote, phosphore et potassium) sont superposés en quantité les uns sur les autres. Une présence d’intrants en grand nombre qui réjouit les producteurs, comme l’a laissé entendre El hadj Mamadi Kaba, président de la fédération des unions des producteurs de coton et vivriers de Guinée. « Aujourd’hui, avec tout ce qu’on voit ici et tous les efforts qui sont en train d’être fournis, on ne peut que dire Dieu merci. Nous remercions le Président Mamadi Doumbouya et le gouvernement à travers le ministère de l’agriculture. Nous sommes rassurés que cette fois ci la relance tant souhaitée sera effective. Nous sollicitons juste l’accompagnement à travers la distribution des intrants à temps, l’achat des productions… Nous sommes toujours prêts », s’est-il exprimé.

La Guinée déterminée à reprendre sa place d’antan
Classée parmi les grands producteurs de coton en Afrique, il y a quelques années en arrière, la Guinée de nos jours est loin de ce classement. Un défi que la nouvelle direction compte relever à travers cette relance engagée.
Pour ce faire, le nouveau directeur compte sur ses collaborateurs ainsi que les producteurs. C’est pourquoi, Moussa Doumbouya rassure :
« Il y a des activités qui sont en cours, mais ce qui est déjà fait, peut nous rassurer par rapport à cette effectivité de la relance. Nous avons les engrais, les produits phytosanitaires, Les motoculteurs bien que modestes en quantité constituent quand même un apport. Le message que j’ai à l’endroit des producteurs, c’est de les rassurer que les préoccupations sont parvenues à la hiérarchie…Actuellement nous avons une ministre qui est très engagée. La relance sera effective cette année. Ils peuvent nous faire confiance. Ils auront les engrais à temps et la commercialisation également se fera à temps ».

D’ores et déjà, avec l’appui de la hiérarchie, les indices et le bilan sont positifs, après près d’un an de gestion. « Quand on venait, de mars 2025 à nos jours cela fait une année, il y avait une dette de plusieurs centaines de millions (GNF) que les producteurs attendaient depuis trois ans. Toutes ces dettes ont été épongées à 100%. Aujourd’hui, la société cotonnière ne doit un franc à aucun producteur de la Région. Les cotonculteurs avaient parfois des cotons depuis trois ans. Ces cotons sont en train d’être enlevés. D’ici au plus tard la fin de ce mois, on va tout enlever et ils seront payés ».

« On fera en sorte que la campagne qui s’annonce soit une campagne de mise en confiance », renchérit Moussa Keita, directeur de la production agricole.

Le coton « l’or blanc », capable de booster l’économie et créer de l’emploi.
Si dans les 97, 98, la production de la société était encore évaluée à près de 100 000 tonnes par an, la production a baissé de 40 mille au fil des années pour se retrouver entre 2000 à 3000 tonnes par an actuellement. Plusieurs facteurs expliqueraient cet état de fait. Parmi lesquels, la vétusté des équipements vétustes et la diminution de la capacité de transformation. Pour les prochains mois, M. Moussa Doumbouya promet de belles perspectives.
Selon l’organisation des Nations unies pour l’agriculture, en 2024, la production mondiale du coton était estimée à 26 millions de tonnes, dont plus de 9 millions échangés sur les marchés internationaux. La valeur de cette production dépasse 75 milliards de dollars par an. Et le commerce mondial représente environ 20 milliards de dollars. La Guinée ne compte pas passer auprès de cette opportunité. Avec la détermination de la nouvelle équipe dirigeante, l’espoir semble permis.
Mohamed slem Camara











